Essais nucléaires en Algérie : la France interpellée sur les conséquences radiologiques
La députée au Parlement français, Sabrina Sebaihi, a adressé une question à la ministre des Armées et des Anciens combattants concernant les effets radiologiques liés à 17 essais nucléaires réalisés par la France entre 1960 et 1967 sur les sites de Reggane et In Ekker.
Rappel des faits historiques
Dans le texte de sa question consulté par la plateforme Awras, Sabrina Sebaihi rappelle que la France a procédé à un démantèlement partiel de certaines installations après les accords d’Évian.
Elle souligne qu’une partie des équipements a été laissée sur place et que des déchets de différentes natures, certains contaminés par des radiations, ont été enterrés.
À la demande de l’Algérie, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a supervisé en 1999 une mission pour évaluer la situation radiologique sur ces sites.
Cependant, ces mesures, ajoute la députée, n’ont pas permis de régler le problème des centaines de tonnes de déchets radioactifs que les autorités militaires françaises ont enterrés entre 1960 et 1967.
Où sont les cartes ?
La députée française attire l’attention sur le fait que les autorités algériennes ont récemment entamé un processus de dépollution partielle de certains sites, alors qu’un nettoyage complet demeure impossible.
Ces opérations concernent notamment une partie du mont Taourirt Tan Afella, affectée par l’essai nucléaire souterrain “Beryl” du 1er mai 1962, qui n’avait pas été correctement confiné et a provoqué une importante contamination touchant des militaires français, des ministres présents sur le site, ainsi que les habitants des zones avoisinantes.
Sabrina Sebaihi insiste sur le fait que, pour mener à bien les opérations de sécurisation et de réhabilitation environnementale, les autorités algériennes ont besoin de cartes et de plans détaillés concernant d’une part les déchets enterrés et d’autre part les informations précises sur les zones contaminées.
La députée demande à la ministre des Armées de clarifier pourquoi la France ne transmet pas ces informations essentielles, nécessaires à la protection des populations et à la réhabilitation de l’environnement.
Elle s’interroge également sur l’intention du gouvernement français de remettre ces données aux autorités algériennes..