Le ministre russe des Affaires étrangères a-t-il remis en cause les frontières algériennes ?
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a fait, il y a quelques jours, une déclaration ambiguë concernant la frontière algéro-malienne.
Cette déclaration a suscité de vives réactions, ouvrant la porte à diverses interprétations sur les relations entre l’Algérie et la Russie.
Sergueï Lavrov a déclaré, dans un commentaire médiatique sur la crise entre l’Algérie et le Mali, que les tensions entre les deux pays sont en partie héritées de l’époque coloniale, lorsque les puissances coloniales ont tracé des lignes artificielles séparant les groupes ethniques.
Lavrov a considéré que la crise n’est que le reflet de ces frontières tracées par les colonisateurs, qui, selon lui, continuent de provoquer des conflits de temps à autre.
Le ministre russe n’a pas exclu que le seul objectif derrière le tracé de ces frontières ait été de provoquer des crises.
Alors que Lavrov faisait indirectement référence à la France en tant qu’ancienne puissance coloniale, des questions ont été soulevées sur le fait que Moscou pourrait remettre en cause les frontières algériennes.
Réponse officielle algérienne
Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a précisé qu’il avait discuté avec Lavrov de ses déclarations controversées.
Lors d’une conférence de presse animée mardi, Ahmed Attaf a indiqué que le ministre russe faisait simplement référence à « une chose simple ».
Lavrov voulait signifier que les habitants vivant dans la région frontalière entre l’Algérie et le Mali appartiennent souvent aux mêmes tribus et résident soit côté algérien, soit côté malien, à l’instar de Tin Zouatine.
Attaf a poursuivi : « C’est ce à quoi faisait allusion Sergueï Lavrov ».
Le porte-parole a insisté sur le fait que le problème n’est pas un problème de frontières, soulignant que les frontières entre l’Algérie et le Mali sont établies depuis des décennies, tout comme celles de l’Algérie avec tous ses voisins.