À Khemis Miliana, Biyouna entre dans la géographie culturelle algérienne

À Khemis Miliana, Biyouna entre dans la géographie culturelle algérienne

La ville de Khemis Miliana, dans la wilaya d’Aïn Defla, a inscrit un nouveau nom dans sa cartographie culturelle : celui de Biyouna. La salle de cinéma locale porte désormais le nom de l’actrice et chanteuse disparue, de son vrai nom Baïa Bouzar, figure singulière et longtemps indocile de la scène artistique algérienne.

La décision, annoncée à l’occasion de la visite de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, s’inscrit dans une politique de réhabilitation symbolique des lieux culturels, mais aussi dans un effort plus large de réactivation du tissu cinématographique en dehors de la capitale.

La salle, intégrée au réseau du Centre algérien de développement du cinéma, est confiée à de jeunes acteurs de la société civile et destinée à accueillir ciné-clubs, projections et activités de formation.

Au-delà de l’hommage institutionnel, le choix du nom de Biyouna interroge. Artiste populaire autant que contestée, elle a traversé plusieurs générations par des rôles où le comique côtoyait la critique sociale, et par une liberté de ton qui l’a souvent placée en marge des cadres officiels.

Lui associer un lieu dédié au cinéma revient ainsi à reconnaître, tardivement, une œuvre qui a contribué à façonner une mémoire culturelle plurielle, parfois dérangeante, mais profondément ancrée dans la société algérienne.

L’inauguration concomitante de la grande salle « Mohamed Boudiaf », rattachée à la Maison de la culture, participe de cette volonté affichée de faire de Khemis Miliana un pôle culturel régional.

Reste à savoir si ces équipements sauront dépasser la seule symbolique pour devenir de véritables espaces de création et de débat.

Décédée le 25 novembre dernier à l’âge de 73 ans, après de graves complications respiratoires, Biyouna laisse derrière elle une filmographie et une carrière théâtrale marquées par une présence rare, oscillant entre humour, irrévérence et tragédie du quotidien.

Donner son nom à une salle de cinéma, c’est inscrire cette trajectoire dans la durée — et rappeler que la culture algérienne s’est aussi construite à partir de ses voix les plus libres.

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